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Contrat agrivoltaïque : bail emphytéotique, promesse de bail ou convention d’occupation ?

  • Photo du rédacteur: Agrivoltaïsme Sud-Ouest
    Agrivoltaïsme Sud-Ouest
  • 10 janv.
  • 4 min de lecture

Le développement rapide de l’agrivoltaïsme en France s’accompagne d’une question centrale pour les agriculteurs : quel type de contrat signer pour sécuriser un projet agrivoltaïque sans mettre en péril son exploitation ou son foncier ?Entre bail emphytéotique, promesse de bail et convention d’occupation, les différences sont majeures, tant sur le plan juridique, économique que patrimonial.

Comprendre ces contrats est indispensable avant toute signature, car un projet agrivoltaïque engage souvent l’exploitation pour 30 à 40 ans. Un mauvais choix contractuel peut limiter la liberté de l’agriculteur, compliquer une transmission ou remettre en cause l’accès aux aides agricoles.


Signature d’un contrat agrivoltaïque entre un agriculteur et un développeur solaire sur des terres agricoles

Contrairement au photovoltaïque au sol classique, l’agrivoltaïsme repose sur un principe fondamental : l’activité agricole doit rester principale. Le contrat liant l’agriculteur et le développeur solaire doit donc préserver :

  • la maîtrise des terres agricoles,

  • la continuité de la production,

  • l’éligibilité aux aides PAC,

  • la valeur foncière à long terme.

Chaque type de contrat répond à une logique différente : sécurisation du développeur, phase de test, ou occupation temporaire. Le choix dépend du stade du projet, de la surface concernée, mais aussi de la stratégie de l’exploitation.



Le bail emphytéotique : le contrat le plus courant… mais le plus engageant

Le bail emphytéotique est aujourd’hui le contrat le plus fréquemment utilisé dans les projets agrivoltaïques de grande ampleur.

Qu’est-ce qu’un bail emphytéotique ?

Il s’agit d’un bail de longue durée, compris entre 18 et 99 ans (souvent 30 à 40 ans en agrivoltaïsme), qui confère au preneur – généralement le développeur – un droit réel sur le terrain.

Avantages du bail emphytéotique

Pour le développeur, ce type de bail offre une sécurité juridique forte, indispensable pour financer les installations solaires.Pour l’agriculteur, il garantit :

  • un revenu régulier et contractuel,

  • une visibilité financière sur le long terme,

  • une stabilité du projet.

Limites et risques pour l’agriculteur

En contrepartie, le bail emphytéotique est très engageant :

  • le terrain est immobilisé sur plusieurs décennies,

  • la revente ou la transmission peuvent être complexifiées,

  • la renégociation est difficile une fois le bail signé.

Ce type de contrat est généralement adapté aux projets agrivoltaïques structurants, sur des surfaces significatives, lorsque l’agriculteur a une vision à long terme claire.


La promesse de bail intervient en amont du projet. Elle est souvent sous-estimée, alors qu’elle joue un rôle central dans la sécurisation des deux parties.

À quoi sert une promesse de bail en agrivoltaïsme ?

Elle permet au développeur de :

  • lancer les études techniques et environnementales,

  • déposer les demandes d’autorisations,

  • sécuriser le foncier sans engagement immédiat définitif.

De son côté, l’agriculteur ne cède pas encore l’usage du terrain, mais accepte un principe d’engagement futur si le projet aboutit.

Avantages de la promesse de bail

  • Elle laisse une porte de sortie si le projet n’est pas viable.

  • Elle encadre juridiquement la phase d’études.

  • Elle évite un engagement prématuré sur 30 ou 40 ans.

Points de vigilance

Même temporaire, une promesse de bail doit être rédigée avec soin :

  • durée clairement limitée,

  • conditions de sortie précises,

  • indemnisation en cas d’abandon du projet.

En agrivoltaïsme, la promesse de bail est souvent une étape indispensable, mais elle ne doit jamais être signée à la légère.



La convention d’occupation : plus souple, mais moins sécurisante

La convention d’occupation (ou convention d’occupation temporaire) est parfois proposée pour des projets pilotes ou de petite taille.

Fonctionnement

Elle autorise l’occupation du terrain pour une durée plus courte et sans conférer de droit réel au développeur. Elle est juridiquement plus légère qu’un bail emphytéotique.

Avantages

  • Souplesse contractuelle,

  • Engagement limité dans le temps,

  • Plus grande liberté pour l’agriculteur.

Limites en agrivoltaïsme

En pratique, ce type de contrat est rarement suffisant pour :

  • sécuriser les financements bancaires,

  • garantir la pérennité d’une installation solaire,

  • rassurer les autorités administratives.

La convention d’occupation est plutôt adaptée à des expérimentations agrivoltaïques, ou à des projets très spécifiques.


Quel contrat choisir selon son projet agrivoltaïque ?

Il n’existe pas de contrat universel. Le bon choix dépend de plusieurs critères :

  • surface agricole concernée,

  • durée envisagée du projet,

  • importance des investissements,

  • stratégie patrimoniale de l’exploitation.

Dans la majorité des cas :

  • promesse de bail → phase d’étude et de sécurisation,

  • bail emphytéotique → phase d’exploitation du projet,

  • convention d’occupation → projets temporaires ou expérimentaux.



L’importance d’un accompagnement juridique en agrivoltaïsme

L’agrivoltaïsme se situe à la frontière du droit rural, du droit de l’énergie et du droit foncier.Un contrat mal rédigé peut avoir des conséquences lourdes :

  • perte de contrôle du foncier,

  • remise en cause des aides PAC,

  • conflits lors de la transmission.

Avant toute signature, il est fortement recommandé de consulter :

  • un juriste en droit rural,

  • la chambre d’agriculture,

  • ou un conseil spécialisé en projets agrivoltaïques.


Un contrat agrivoltaïque engageant, à choisir avec prudence

Le choix entre bail emphytéotique, promesse de bail ou convention d’occupation conditionne la réussite d’un projet agrivoltaïque.Plus qu’un simple document juridique, le contrat est un outil stratégique qui doit protéger l’agriculteur autant que sécuriser l’investissement solaire.

Un projet bien encadré contractuellement est un projet qui s’inscrit dans la durée, respecte l’activité agricole et contribue pleinement à la transition énergétique.

 
 
 

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