Agrivoltaïsme et petites surfaces : un projet viable en dessous de 10 hectares ?
- Agrivoltaïsme Sud-Ouest

- 8 janv.
- 3 min de lecture
L’agrivoltaïsme est souvent associé à de grandes exploitations agricoles disposant de vastes surfaces. Pourtant, de plus en plus d’agriculteurs et d’agricultrices possédant moins de 10 hectares s’interrogent : un projet agrivoltaïque est-il réellement rentable et pertinent à petite échelle ? Entre contraintes économiques, réglementaires et opportunités de diversification, la réponse mérite d’être nuancée.

Agrivoltaïsme : un rappel essentiel
L’agrivoltaïsme désigne l’installation de panneaux photovoltaïques conçus pour cohabiter avec une activité agricole réelle, durable et prioritaire. Contrairement au photovoltaïque au sol classique, l’objectif n’est pas de remplacer l’agriculture, mais de la renforcer : protection contre les aléas climatiques, amélioration du bien-être animal, diversification des revenus et résilience économique.
Depuis le cadre réglementaire français renforcé et les orientations européennes, la notion de projet agricole central est devenue incontournable, quel que soit le nombre d’hectares.
Moins de 10 hectares : un frein structurel ?
Sur le papier, les petites surfaces peuvent sembler moins attractives pour les développeurs de projets agrivoltaïques. Les raisons sont principalement économiques :
coûts fixes élevés (études, raccordement, ingénierie),
production électrique plus limitée,
rentabilité plus sensible aux variations de prix de l’électricité.
Cependant, surface réduite ne signifie pas projet impossible. Tout dépend du type d’exploitation, du système agrivoltaïque envisagé et du modèle économique retenu.
Quels systèmes agrivoltaïques sont adaptés aux petites surfaces ?
Certaines technologies sont particulièrement pertinentes en dessous de 10 hectares :
Ombrières agricoles et d’élevage
Les ombrières agrivoltaïques pour l’élevage (ovins, bovins, volailles plein air) sont parmi les solutions les plus adaptées. Elles nécessitent moins de surface continue, améliorent le confort thermique des animaux et sont bien perçues par l’administration.
Agrivoltaïsme dynamique sur cultures à forte valeur ajoutée
Sur la vigne, le maraîchage, l’arboriculture ou l’horticulture, des structures pilotables (orientation des panneaux, taux d’ombrage modulable) peuvent être rentables sur de petites parcelles. Ici, la valeur ajoutée agricole compense la surface limitée.
Projets collectifs ou mutualisés
Pour les exploitations de petite taille, l’agrivoltaïsme collectif (via une coopérative ou un regroupement d’agriculteurs) permet de mutualiser les coûts et de sécuriser la viabilité économique du projet.
Rentabilité : à quoi peut s’attendre en dessous de 10 hectares ?
La rentabilité d’un projet agrivoltaïque sur petite surface dépend de plusieurs facteurs clés :
type de contrat (bail, convention d’occupation, autoconsommation),
niveau de rémunération proposé par le développeur,
maintien ou non des aides PAC,
impact réel sur la production agricole.
En pratique, les revenus complémentaires sont souvent plus modestes, mais peuvent rester significatifs : sécurisation du revenu annuel, meilleure résistance aux aléas climatiques, valorisation patrimoniale de l’exploitation.
Il est essentiel de raisonner la rentabilité à l’échelle globale de l’exploitation, et non uniquement en €/hectare.
Petite ou grande surface, les exigences réglementaires sont identiques :
maintien d’une activité agricole principale,
absence d’artificialisation des sols,
compatibilité avec les aides de la PAC,
justification de l’intérêt agronomique du projet.
Pour les petites exploitations, ces critères peuvent même devenir un avantage : un projet bien ciblé, cohérent et proportionné est souvent mieux accepté par les autorités.
Avantages spécifiques pour les petites exploitations
Malgré les contraintes, l’agrivoltaïsme offre plusieurs bénéfices stratégiques aux exploitations de moins de 10 hectares :
diversification des revenus sans agrandissement foncier,
amélioration du microclimat des cultures,
protection contre la sécheresse et les vagues de chaleur,
transmission facilitée grâce à une exploitation plus résiliente.
Dans un contexte de pression foncière et de volatilité économique, ces atouts peuvent faire la différence.
Pour maximiser les chances de réussite, certaines erreurs doivent être évitées :
accepter un projet standardisé non adapté à la réalité agricole,
sous-estimer l’impact sur le travail quotidien,
négliger l’analyse juridique du contrat,
raisonner uniquement en termes de revenus énergétiques.
Un projet agrivoltaïque doit rester au service de l’exploitation, et non l’inverse.
Un projet possible, mais sur mesure
Oui, l’agrivoltaïsme peut être viable en dessous de 10 hectares, à condition d’être pensé de manière fine, agricole et territorialisée. Les petites surfaces ne sont pas exclues de la transition énergétique, mais elles exigent des projets adaptés, proportionnés et réellement utiles à l’activité agricole.
Plus que jamais, l’agrivoltaïsme n’est pas une question de taille, mais de cohérence entre agriculture, énergie et projet de vie.





Commentaires