Réforme de la PAC 2026 : quelle place pour l’agrivoltaïsme dans la nouvelle programmation ?
- Agrivoltaïsme Sud-Ouest

- 29 déc. 2025
- 3 min de lecture
La réforme de la Politique Agricole Commune (PAC) prévue pour 2026 suscite de nombreuses interrogations chez les agriculteurs français et européens. Dans un contexte marqué par le changement climatique, la transition énergétique et la nécessité de sécuriser les revenus agricoles, l’agrivoltaïsme apparaît comme une solution hybride de plus en plus étudiée par les institutions européennes. Mais quelle sera réellement sa place dans la nouvelle programmation de la PAC à partir de 2026 ?
Entre maintien des aides agricoles, exigences environnementales renforcées et reconnaissance des pratiques innovantes, l’agrivoltaïsme se situe à la croisée de plusieurs enjeux majeurs de la PAC post-2025.

La réforme de la PAC 2026 s’inscrit dans la continuité du Pacte vert européen (Green Deal) et des stratégies « De la ferme à la table » et « Biodiversité 2030 ». L’objectif est clair : encourager une agriculture plus durable, plus résiliente face au climat et moins dépendante des intrants.
Dans ce cadre, la PAC ne se limite plus à soutenir la production agricole. Elle vise également à accompagner les agriculteurs dans la transition énergétique et environnementale. L’agrivoltaïsme, en tant que pratique combinant agriculture et énergie renouvelable, s’inscrit naturellement dans cette dynamique.
Agrivoltaïsme et aides PAC : un principe clé maintenu en 2026
L’un des points les plus sensibles pour les agriculteurs concerne le maintien des aides PAC en cas de projet agrivoltaïque. La programmation 2026 confirme un principe fondamental : les aides agricoles restent conditionnées au maintien effectif de l’activité agricole.
Autrement dit, un projet agrivoltaïque est compatible avec la PAC si :
la production agricole est réelle et mesurable,
les rendements sont maintenus ou améliorés,
l’installation solaire ne compromet pas l’usage agricole des terres.
Ce principe vise à éviter que l’agrivoltaïsme ne devienne un simple photovoltaïque au sol déguisé, tout en sécurisant les exploitations engagées dans des projets agricoles sérieux.
Une reconnaissance progressive de l’agrivoltaïsme dans les éco-régimes
La PAC 2026 renforce le rôle des éco-régimes, ces dispositifs qui rémunèrent les pratiques favorables à l’environnement. L’agrivoltaïsme pourrait y trouver une place stratégique, à condition de démontrer des bénéfices environnementaux clairs.
Les projets agrivoltaïques intégrant :
la protection des sols,
la réduction du stress hydrique,
la préservation de la biodiversité,
ou le bien-être animal,
sont de plus en plus considérés comme compatibles avec les objectifs des éco-régimes. Cette reconnaissance reste toutefois conditionnée à des critères précis et à un suivi agronomique rigoureux.
La réforme de la PAC 2026 renforce également la conditionnalité environnementale des aides. Les exploitations doivent respecter des normes plus strictes en matière de protection des sols, de gestion de l’eau et de biodiversité.
Dans ce contexte, l’agrivoltaïsme bien conçu peut devenir un atout. Les installations qui limitent l’érosion, réduisent l’évaporation de l’eau ou favorisent les couverts végétaux répondent directement aux nouvelles exigences de la PAC.
À l’inverse, les projets mal intégrés, trop artificialisants ou insuffisamment agricoles risquent d’être pénalisés ou exclus des dispositifs d’aide.
Une articulation plus claire entre PAC et politiques énergétiques
La PAC 2026 cherche également à mieux articuler les politiques agricoles et énergétiques européennes. L’agrivoltaïsme se situe précisément à cette interface. La nouvelle programmation encourage les projets qui contribuent à l’autonomie énergétique des exploitations tout en renforçant leur résilience économique.
Cette approche vise à sécuriser les revenus agricoles face à la volatilité des marchés, tout en participant aux objectifs européens de développement des énergies renouvelables.
Quelles opportunités concrètes pour les agriculteurs ?
Pour les agriculteurs, la réforme de la PAC 2026 ouvre plusieurs opportunités :
sécuriser les aides PAC tout en diversifiant les revenus,
valoriser des pratiques agricoles innovantes,
améliorer la résilience face aux aléas climatiques,
renforcer la durabilité économique des exploitations.
Cependant, ces opportunités impliquent une conception rigoureuse des projets agrivoltaïques, intégrée dès le départ à la stratégie agricole de l’exploitation.
Les points de vigilance pour rester éligible à la PAC
Malgré une ouverture croissante, la PAC 2026 impose des points de vigilance essentiels :
démontrer la primauté de l’agriculture,
éviter toute baisse durable des rendements,
respecter les normes environnementales européennes,
assurer la réversibilité des installations.
Ces exigences renforcent la professionnalisation de la filière agrivoltaïque et protègent les agriculteurs contre les projets purement spéculatifs.
L’agrivoltaïsme, un levier stratégique de la PAC 2026
La réforme de la PAC 2026 confirme que l’agrivoltaïsme a toute sa place dans la nouvelle programmation, à condition d’être pensé comme un outil agricole avant tout. Loin d’être exclu, il s’inscrit dans une vision moderne de l’agriculture européenne, capable de concilier production alimentaire, transition énergétique et protection de l’environnement.
Pour les agriculteurs, l’agrivoltaïsme devient ainsi un levier stratégique pour répondre aux défis économiques et climatiques des prochaines décennies, tout en restant pleinement éligible aux dispositifs de la PAC.





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