Le rôle des coopératives agricoles dans le développement de l’agrivoltaïsme
- Agrivoltaïsme Sud-Ouest

- 31 déc. 2025
- 4 min de lecture
Face aux défis climatiques, économiques et énergétiques, l’agrivoltaïsme s’impose progressivement comme une solution stratégique pour le monde agricole. Toutefois, son déploiement à grande échelle nécessite des acteurs capables d’accompagner les agriculteurs, de structurer les projets et de sécuriser les investissements. Dans ce contexte, les coopératives agricoles jouent un rôle clé dans le développement de l’agrivoltaïsme en France et en Europe.
En tant qu’organisations collectives historiquement ancrées dans les territoires, les coopératives constituent un levier essentiel pour faire de l’agrivoltaïsme un outil au service des exploitations agricoles, et non une simple opportunité énergétique.

Les coopératives agricoles occupent une place centrale dans l’organisation des filières agricoles françaises et européennes. Elles accompagnent les agriculteurs dans la commercialisation, l’approvisionnement, le conseil technique et l’innovation. Leur mission repose sur un principe fondamental : la mutualisation des moyens au service des exploitants.
Cette logique collective trouve naturellement un écho dans l’agrivoltaïsme, qui implique des projets complexes, mêlant agriculture, énergie, réglementation et finance. Les coopératives apparaissent ainsi comme des intermédiaires de confiance entre les agriculteurs, les développeurs de projets solaires et les institutions publiques.
Faciliter l’accès à l’agrivoltaïsme pour les agriculteurs
L’un des principaux freins à l’agrivoltaïsme reste la complexité des projets. Études agronomiques, montage juridique, négociation foncière, choix du modèle économique ou compréhension de la réglementation peuvent décourager de nombreux agriculteurs.
Les coopératives agricoles jouent ici un rôle déterminant en facilitant l’accès à l’information et à l’expertise. Elles permettent aux exploitants de mieux comprendre les enjeux de l’agrivoltaïsme, d’évaluer les opportunités et d’éviter les projets mal adaptés à leur réalité agricole.
Grâce à leur connaissance fine des territoires et des filières, les coopératives orientent les agriculteurs vers des solutions cohérentes avec leurs pratiques et leurs objectifs de production.
Mutualiser les projets et réduire les risques
L’agrivoltaïsme collectif constitue l’une des tendances majeures du secteur. Les coopératives agricoles sont particulièrement bien placées pour porter ce type de projets. En regroupant plusieurs exploitations autour d’une même installation ou d’un même développeur, elles permettent de mutualiser les coûts, les risques et les bénéfices.
Cette mutualisation réduit l’exposition individuelle des agriculteurs, sécurise les investissements et améliore la viabilité économique des projets. Elle favorise également une meilleure acceptabilité sociale, en inscrivant l’agrivoltaïsme dans une démarche collective et territoriale plutôt que strictement individuelle.
Garantir la primauté de l’activité agricole
Un enjeu central de l’agrivoltaïsme est de garantir que l’agriculture reste prioritaire sur la production d’électricité. Les coopératives agricoles jouent un rôle de garde-fou face aux dérives spéculatives.
En intégrant l’agrivoltaïsme dans une stratégie agricole globale, les coopératives veillent à ce que les projets respectent les exigences agronomiques, environnementales et réglementaires. Elles favorisent des installations qui améliorent les conditions de production, protègent les cultures ou le bétail et renforcent la résilience des exploitations face au changement climatique.
Les coopératives disposent d’un poids collectif important dans les négociations avec les développeurs de projets solaires, les fournisseurs d’énergie ou les investisseurs. Elles permettent aux agriculteurs de bénéficier de conditions contractuelles plus équilibrées, qu’il s’agisse de la durée des baux, du partage de la valeur ou des garanties de réversibilité.
Cette capacité de négociation est essentielle pour sécuriser les revenus agricoles sur le long terme et éviter des engagements déséquilibrés qui pourraient fragiliser les exploitations.
Accompagner la conformité réglementaire et environnementale
La réglementation encadrant l’agrivoltaïsme évolue rapidement, en France comme en Europe. Les coopératives agricoles jouent un rôle d’accompagnement indispensable pour aider les agriculteurs à rester conformes aux exigences légales, notamment en matière de PAC, de normes environnementales et de protection des sols.
En 2026, avec le renforcement des cadres européens, les coopératives deviennent des relais essentiels pour intégrer l’agrivoltaïsme dans une logique de durabilité, compatible avec les aides agricoles et les objectifs environnementaux.
Favoriser l’innovation et le retour d’expérience
Les coopératives agricoles sont également des lieux d’innovation et de partage d’expérience. En accompagnant plusieurs projets agrivoltaïques, elles accumulent des données agronomiques, économiques et techniques précieuses.
Ces retours d’expérience permettent d’améliorer les pratiques, d’identifier les modèles les plus performants et de diffuser les solutions qui fonctionnent réellement sur le terrain. Cette dynamique collective contribue à professionnaliser la filière agrivoltaïque.
Un levier pour la transition énergétique des territoires ruraux
Au-delà des exploitations individuelles, les coopératives agricoles participent activement à la transition énergétique des territoires ruraux. En développant des projets agrivoltaïques collectifs, elles renforcent l’autonomie énergétique locale et créent de nouvelles sources de valeur économique pour les zones agricoles.
Cette approche territoriale renforce le lien entre agriculture, énergie et développement local, tout en préservant la vocation nourricière des terres.
Les coopératives, piliers d’un agrivoltaïsme durable
Le développement de l’agrivoltaïsme ne peut se faire sans des acteurs capables d’en garantir la cohérence agricole, économique et environnementale. Les coopératives agricoles s’imposent comme des piliers essentiels de cette transition.
En facilitant l’accès aux projets, en mutualisant les risques, en protégeant les intérêts des agriculteurs et en assurant la conformité réglementaire, elles contribuent à faire de l’agrivoltaïsme un véritable outil au service de l’agriculture durable.
À l’horizon 2026 et au-delà, le rôle des coopératives agricoles sera déterminant pour inscrire l’agrivoltaïsme dans une vision collective, résiliente et respectueuse des territoires.





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