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Peut-on faire de l’agrivoltaïsme en bio sans perdre son label AB ?

  • Photo du rédacteur: Agrivoltaïsme Sud-Ouest
    Agrivoltaïsme Sud-Ouest
  • 19 déc. 2025
  • 3 min de lecture

L’essor de l’agrivoltaïsme suscite un intérêt croissant chez les agriculteurs engagés en agriculture biologique. Face aux sécheresses, aux aléas climatiques et à la pression économique, cette solution apparaît comme un levier de résilience et de diversification des revenus.Mais une question revient systématiquement : est-il possible de faire de l’agrivoltaïsme sans perdre son label Agriculture Biologique (AB) ?

La réponse est oui, sous conditions strictes. L’agrivoltaïsme peut être compatible avec l’agriculture biologique, à condition de respecter à la fois la réglementation bio et le cadre spécifique de l’agrivoltaïsme. Décryptage complet.


Installation agrivoltaïque au-dessus de cultures agricoles biologiques, illustrant la compatibilité entre agrivoltaïsme, agriculture bio et préservation des sols.

Rappel : que garantit le label Agriculture Biologique (AB) ?

Le label AB repose sur des principes clairs, encadrés par la réglementation européenne :

  • respect du fonctionnement naturel des écosystèmes,

  • préservation de la fertilité des sols,

  • absence de produits phytosanitaires et d’engrais chimiques de synthèse,

  • bien-être animal,

  • pratiques agricoles favorables à la biodiversité.

Toute installation sur une parcelle bio doit donc préserver la vocation agricole du sol et ne pas altérer ces principes fondamentaux.



L’agrivoltaïsme est-il compatible avec l’agriculture biologique ?

En soi, l’agrivoltaïsme n’est pas incompatible avec l’agriculture biologique.Contrairement au photovoltaïque au sol classique, l’agrivoltaïsme repose sur un principe clé : la production agricole reste prioritaire.

Les installations agrivoltaïques doivent :

  • maintenir une activité agricole significative,

  • améliorer ou au minimum préserver les rendements,

  • protéger les cultures ou les élevages,

  • rester réversibles.

Ces objectifs sont globalement cohérents avec les valeurs de l’agriculture biologique.


Les conditions indispensables pour conserver le label AB

Pour qu’un projet agrivoltaïque soit compatible avec le label bio, plusieurs conditions doivent être réunies.

1. Le maintien d’une activité agricole réelle et mesurable

La parcelle doit rester pleinement exploitée selon les règles de l’agriculture biologique.Toute baisse significative de production liée aux panneaux pourrait être considérée comme une perte de vocation agricole, mettant en danger la certification AB.

2. Des pratiques culturales 100 % compatibles avec le cahier des charges bio

Sous et autour des panneaux :

  • aucun herbicide chimique,

  • pas de désherbage chimique sous les structures,

  • gestion mécanique ou pastorale de la végétation (moutons, fauche).

L’agrivoltaïsme ne doit en aucun cas servir de prétexte à une simplification non conforme des pratiques.

3. Une conception du projet respectueuse des sols

Les fondations, l’ancrage des structures et la circulation des engins doivent :

  • limiter le tassement des sols,

  • préserver la vie biologique,

  • permettre un retour à l’état initial en fin de projet.

La réversibilité est un critère clé, tant pour l’agrivoltaïsme que pour l’agriculture biologique.



Le regard des organismes certificateurs bio

Les organismes certificateurs (Ecocert, Certipaq, Bureau Veritas…) n’interdisent pas l’agrivoltaïsme, mais ils l’analysent au cas par cas.

Ils vérifient notamment :

  • la cohérence du projet agricole,

  • l’impact des panneaux sur les cultures ou l’élevage,

  • la conformité des pratiques,

  • l’absence d’artificialisation durable des sols.

Un projet bien documenté et centré sur l’agriculture a toutes les chances d’être accepté.


Quelles productions bio sont les plus compatibles avec l’agrivoltaïsme ?

Certaines productions biologiques se prêtent particulièrement bien à l’agrivoltaïsme :

  • viticulture bio : protection contre la chaleur et la grêle,

  • maraîchage bio : réduction du stress hydrique,

  • arboriculture bio : limitation des brûlures sur les fruits,

  • prairies bio et élevage : bien-être animal et maintien de l’herbe en période sèche.

Dans ces systèmes, l’agrivoltaïsme peut même renforcer la performance agronomique.


Agrivoltaïsme, aides PAC et agriculture biologique

Un autre point de vigilance concerne les aides publiques.Un projet agrivoltaïque compatible avec la réglementation permet en principe de :

  • conserver les aides PAC,

  • rester éligible aux écorégimes,

  • maintenir les soutiens liés à l’agriculture biologique.

À condition, là encore, que l’activité agricole reste dominante et démontrable.


Les erreurs à éviter pour ne pas perdre le label AB

Certains choix peuvent fragiliser la certification biologique :

  • projets conçus uniquement pour l’énergie,

  • densité excessive de panneaux limitant la production,

  • contrats déséquilibrés avec les développeurs solaires,

  • absence de suivi agronomique.

Un projet mal pensé peut conduire à une remise en cause du statut bio.


Pourquoi l’agrivoltaïsme peut renforcer l’agriculture biologique

Lorsqu’il est bien conçu, l’agrivoltaïsme peut devenir un véritable atout pour les exploitations bio :

  • meilleure gestion de l’eau,

  • réduction des stress climatiques,

  • diversification des revenus,

  • amélioration de la résilience économique,

  • renforcement de la biodiversité.

Il s’inscrit alors pleinement dans une logique d’agroécologie.



Oui, l’agrivoltaïsme est possible en bio, sous conditions


Oui, il est possible de faire de l’agrivoltaïsme sans perdre son label AB, à condition que le projet soit avant tout agricole, respectueux des sols et conforme au cahier des charges biologique.

L’agrivoltaïsme ne doit jamais être une fin en soi, mais un outil au service de l’agriculture biologique. Bien pensé, il peut renforcer la durabilité des exploitations bio face aux défis climatiques et économiques à venir.

 
 
 

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