Agrivoltaïsme et abeilles : un atout pour l’apiculture et la pollinisation
- Agrivoltaïsme Sud-Ouest

- 17 déc. 2025
- 3 min de lecture
Face au déclin alarmant des pollinisateurs en France, l’agrivoltaïsme apparaît comme une solution innovante capable de concilier production agricole, énergie renouvelable et préservation de la biodiversité. En associant des installations solaires à des pratiques agricoles adaptées, ce modèle offre de nouvelles opportunités pour l’apiculture et le maintien des services de pollinisation indispensables à l’agriculture.Mais comment l’agrivoltaïsme peut-il réellement bénéficier aux abeilles ? Quels impacts observe-t-on sur la pollinisation, la production de miel et la biodiversité ? Décryptage complet.

Le rôle essentiel des abeilles dans l’agriculture
Les abeilles jouent un rôle fondamental dans les écosystèmes agricoles. En France, près de 80 % des espèces cultivées dépendent, au moins en partie, de la pollinisation par les insectes. Fruits, légumes, oléagineux et fourrages bénéficient directement de l’activité des pollinisateurs.
Pourtant, les populations d’abeilles sont fortement menacées par :
la perte d’habitats naturels,
l’intensification agricole,
l’usage de produits phytosanitaires,
le changement climatique et les sécheresses répétées.
Dans ce contexte, toute solution favorisant des espaces propices aux pollinisateurs devient stratégique.
Les projets agrivoltaïques bien conçus intègrent des surfaces non cultivées ou faiblement exploitées sous et autour des structures solaires. Ces espaces peuvent être valorisés pour favoriser la biodiversité, notamment les insectes pollinisateurs.
Sous les panneaux, l’ombrage crée un microclimat plus frais et plus humide, propice au développement de la flore mellifère. La diversité végétale qui s’y développe offre aux abeilles :
des sources de nectar variées,
des périodes de floraison plus longues,
des zones refuges protégées des fortes chaleurs.
Des conditions microclimatiques bénéfiques aux pollinisateurs
L’un des principaux atouts de l’agrivoltaïsme pour les abeilles réside dans la régulation thermique. Les températures excessives et la sécheresse réduisent fortement la disponibilité des ressources florales.
Grâce à l’ombrage partiel :
l’évaporation de l’eau est limitée,
les sols conservent davantage d’humidité,
les plantes mellifères résistent mieux aux périodes sèches.
Ces conditions permettent de maintenir une activité pollinisatrice plus régulière, même lors des épisodes de canicule.
Agrivoltaïsme et apiculture : une cohabitation possible et bénéfique
De plus en plus d’apiculteurs s’intéressent aux installations agrivoltaïques comme sites d’implantation pour les ruches. Les parcelles agrivoltaïques présentent plusieurs avantages :
une moindre exposition aux traitements phytosanitaires,
une diversité florale accrue,
une protection contre le vent et la chaleur,
une tranquillité relative liée à une fréquentation humaine limitée.
Dans certains projets, la présence de ruches est intégrée dès la conception, renforçant la synergie entre production agricole, énergie solaire et apiculture.
Un impact positif sur la pollinisation des cultures agricoles
La présence d’abeilles et de pollinisateurs autour des projets agrivoltaïques améliore directement la pollinisation des cultures environnantes. Cela se traduit par :
une meilleure fécondation des fleurs,
une augmentation du nombre de fruits,
une amélioration de la qualité des récoltes.
Ces effets sont particulièrement visibles en arboriculture, maraîchage et cultures oléagineuses, où la pollinisation joue un rôle déterminant dans les rendements.
Pour maximiser les bénéfices de l’agrivoltaïsme sur les pollinisateurs, certaines pratiques sont essentielles :
implantation de bandes fleuries mellifères,
limitation des intrants chimiques,
fauche tardive des couverts végétaux,
diversification des espèces végétales.
Ces pratiques s’inscrivent pleinement dans les objectifs de l’agroécologie et renforcent la durabilité des projets agrivoltaïques.
Un levier pour la biodiversité et l’acceptabilité des projets
L’intégration de la biodiversité, et notamment des abeilles, contribue également à l’acceptabilité sociale des projets agrivoltaïques. En démontrant des bénéfices environnementaux concrets, ces projets répondent aux préoccupations des citoyens et des collectivités locales.
De nombreux projets incluent désormais des suivis écologiques afin d’évaluer l’évolution des populations de pollinisateurs et d’ajuster les pratiques si nécessaire.
Un cadre réglementaire favorable à la biodiversité
La réglementation française encadrant l’agrivoltaïsme insiste sur le maintien d’une activité agricole réelle et sur la préservation des sols et de la biodiversité. Les projets intégrant des mesures en faveur des pollinisateurs répondent plus facilement à ces exigences et bénéficient d’une meilleure reconnaissance institutionnelle.
À l’avenir, ces critères pourraient devenir des éléments clés dans l’évaluation et l’autorisation des projets.
Un modèle gagnant pour l’agriculture et les pollinisateurs
L’agrivoltaïsme offre une opportunité unique de concilier production agricole, énergie renouvelable et protection des abeilles. En favorisant des habitats propices aux pollinisateurs et en améliorant les conditions de pollinisation, il contribue à renforcer la résilience des exploitations agricoles.
À condition d’être pensé comme un projet agricole et écologique cohérent, l’agrivoltaïsme peut devenir un véritable atout pour l’apiculture, la biodiversité et la souveraineté alimentaire.





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